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Élections 2026 : pendant que le gouvernement s'arrête, l'influence continue

Élections 2026 : pendant que le gouvernement s'arrête, l'influence continue
Alice Bergeron
Directrice, communication d'entreprise et affaires publiques
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August 11, 2026

Le 5 octobre 2026, les Québécois se rendront aux urnes. Le déclenchement de la campagne électorale est attendu à la fin août, ouvrant une période de cinq semaines où les décisions gouvernementales sont pratiquement mises sur pause et où la joute d'influence se déplace presque entièrement dans l'espace public.

Les derniers sondages laissent à penser que rien n'est joué. Le PQ conserve une avance, mais sans coussin confortable. Le PLQ gagne du terrain dans plusieurs enquêtes et la CAQ demeure bien présente. À quelques points près, trois formations peuvent encore aspirer à former le prochain gouvernement. C'est dans ce contexte d'incertitude que les organisations devront faire entendre leur voix cet automne.

Quand la politique cesse de fonctionner normalement

En temps normal, l'influence auprès des gouvernements se joue largement en coulisses, par des rencontres avec les décideurs, des consultations, des mémoires et des exercices prébudgétaires.

Une fois la campagne déclenchée, les règles des relations gouvernementales changent du tout au tout : les ministres perdent leurs pouvoirs, les députés cessent d'exercer leurs fonctions parlementaires et la fonction publique se limite à la gestion des affaires courantes. La machine gouvernementale tourne au ralenti jusqu'au scrutin et pendant plusieurs mois après la formation du conseil des ministres.

Pendant ce temps, l'activité politique et partisane atteint son intensité maximale. Les partis dévoilent leurs engagements au gré du cycle médiatique, misant souvent sur une annonce par jour pour occuper l'espace public le plus longtemps possible. Les plateformes électorales se construisent désormais en direct, sous les projecteurs.

Pour les organisations, cette réalité exige une approche différente. La planification à long terme doit temporairement céder sa place à l'agilité. Les occasions d'intervention apparaissent rapidement et disparaissent tout aussi vite, et les organisations doivent être prêtes à les saisir.

L'attention médiatique comme levier d'influence

Si l'accès direct au pouvoir est suspendu durant la campagne, l'attention du public, elle, atteint son sommet. Pendant cinq semaines, les électeurs, les journalistes et les partis sont à la recherche constante d'enjeux, de données, d'experts et de points de comparaison pour alimenter un cycle de nouvelles qui roule à plein régime. C'est une occasion rare de positionner un enjeu dans la conversation publique.

Cette fenêtre offre la possibilité d'installer un dossier dans le débat afin qu'il soit déjà connu et légitime lorsque le prochain gouvernement prendra ses fonctions. Pour y parvenir, les efforts doivent se déplacer vers les relations médias et les affaires publiques : annonces des partis, tribunes électorales, entrevues ou analyses qui font le lien entre l'actualité quotidienne et les priorités de l'organisation. Les organisations qui réussissent cet exercice arrivent souvent mieux préparées à la reprise des travaux parlementaires, car leur enjeu est déjà connus du public et des décideurs.

Multiplier sa portée par les alliances

Une voix seule peut rapidement se perdre dans le bruit d'une campagne provinciale, pendant laquelle les enjeux se multiplient se font compétition pour l'attention médiatique. Les organisations qui parviennent à rassembler différents acteurs autour d'un message commun augmentent considérablement l’impact de leur leadership d’opinion. Les alliances les plus efficaces réunissent souvent des partenaires qui n'étaient pas nécessairement associés auparavant, mais qui reconnaissent un intérêt partagé le temps de porter un enjeu. Une telle coalition augmente la portée médiatique d'un message et lui confère une légitimité et une crédibilité qu'une organisation seule, même influente, peine souvent à obtenir.

Le piège de l'hyperactivité médiatique

Lors d'une campagne électorale, la tentation est grande d'intervenir sur tous les sujets et de multiplier les prises de parole. Il faut se rappeler que la visibilité n'est pas une fin en soi. Une organisation perçue comme excessivement partisane, opportuniste ou déconnectée des enjeux qui dominent réellement la campagne risque de compromettre sa crédibilité pour l'après-élection.

La campagne récompense davantage la pertinence que le volume. Une intervention bien synchronisée avec l'actualité, fondée sur une expertise reconnue et apportant une réelle valeur au débat, aura souvent plus d'impact qu'une série de communications qui visent à inonder l’espace. L'objectif est d'être incontournable lorsque son enjeu est à l'ordre du jour, pas de se positionner en tout temps.

Prendre une longueur d'avance sur le prochain gouvernement

Pour les organisations qui savent où porter leur voix, les cinq semaines de campagne sont loin d'être un temps mort. C'est le moment de clarifier ses priorités, d'affiner son message, d'identifier les tribunes les plus pertinentes et de renforcer les alliances qui pourront faire une différence une fois le scrutin passé. Les efforts déployés pendant la campagne permettent de préparer le terrain pour les premiers mois du prochain mandat.

Les organisations qui auront structuré leur plan de communication et préparé leur positionnement avant le déclenchement de la campagne arriveront en octobre avec un réel avantage. Quel que soit le parti porté au pouvoir, leur enjeu sera déjà connu, leurs partenaires déjà mobilisés et leur voix déjà entendue. Dans une campagne où trois partis peuvent encore espérer former le prochain gouvernement, cette longueur d'avance pourrait faire toute la différence.

 

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